LUTTONS CONTRE LES FAUTESZoé.
Cette fille m'intrigue. Elle semble distante, lointaine, et son regard est si lourd, si profond... Elle me fait penser à une petite fille qui aurait grandit trop vite, qui en aurait trop vu.
- Daaaaaaaaviiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiid, téléphooooooooooooooooooooooone !
Je sursaute brusquement et sort de ma chambre pour atterrir au salon où Timo m'attend, la main en l'air tenant le téléphone sans fil, la mine sombre.
- C'est qui ? Je demande à voix basse.
- Surprise, grogne-t-il en s'en allant.
Je le regarde partit interloqué puis hausse les épaules et porte le téléphone à mon oreille.
- Allô ?
- David ?
Je met un moment à réaliser que c'est bien cette voix que j'entends.
- Élise ? C'est toi ?
- David je... [snif]... je suis désolée je [snif]...
- Tu pleures ? Qu'est-ce qui t'arrives ?
Je n'ai jamais su résister à ses larmes.
- Je me suis trompé, sanglote-t-elle. C'était qu'un enfoiré... i-il voulait juste coucher avec moi...
Rien que d'y penser ma mâchoire se crispe.
- Pardonne-moi David, c'est toi que j'aime, j'm'en veux...
- Pourquoi ?
C'est la seule chose que je suis capable de dire.
- Je suis tellement désolée David, j'avais tort, pardon...
Je la coupe dans un murmure.
- Tu ne... t'imagines même pas... à quel point j'ai souffert de ton départ, à quel point j'ai eu mal quand tu es partie...
Elle répond quelque chose que je ne prend pas la peine d'écouter.
- Quand tu m'as largué pour ce type que tu disais aimer profondément, quand je t'ai trouvé dans son lit j'étais fou de douleur.
Je l'entend éclater en sanglots mais cette fois elle ne m'atteint pas.
- Pardonne-moi David...
- Pourquoi ? Qu'est-ce que ça changerait ? Tu ne reviendrais que le temps d'effacer son passage puis tu t'enticherais d'un autre et ainsi de suite.
- C'est faux ! Je t'aime, je me suis trompée, sur toute la ligne, tu es le seul, tu as toujours été le seul.
Je ferme les yeux et répète d'une voix tremblante:
- Pourquoi ?
- Je suis en bas de chez toi, dans le hall de l'immeuble, rejoins-moi, s'il-te-plaît.
Ça ressemble plus à un ordre qu'à une demande, mais Élise est comme ça, je suis bien placé pour le savoir.
- Non.
- David, j'ai besoin de toi, insiste-t-elle d'une voix suppliante.
J'hésite un long moment. Si je descend, je craquerais, je le sais. Or je sais aussi que je dois me défaire d'elle, pour justement ne plus souffrir. Après avoir pesé le pour et le contre quelques minutes, le contre l'emporte finalement. Je raccroche et me prend la tête entre les mains.
- Mais quel con !
J'enfile malgré moi mon blouson et mes chaussures pour sortir en claquant la porte et dévaler les escaliers en essayant de ne pas tomber. Elle est effectivement là, appuyée contre le mur, les bras autour du corps, le visage ravagé par les larmes. Plus belle que le diable. Je vais quand même résister, un peu. Mais elle sait aussi que je suis prisonnier de mes sentiments pour elle.
Dès qu'elle me voit, elle se précipite sur moi mais je recule. Elle s'empare alors de ma main.
- Pardonne-moi David.
Si elle savait comme je crève d'envie de la prendre dans mes bras, de l'embrasser, de la caresser, de lui faire l'amour...
Pourtant je ne bouge pas, je ne fais rien. Je ne dois pas céder, je dois me libérer d'elle. Me désintoxiquer.
- Je t'aime David.
Ses yeux reflètent la sincérité et pourtant...
- Tu mens.
Je le sais.
Elle s'agrippe à ma veste et emprisonne mon regard. Ses yeux sont remplis de larmes qui me percent le c½ur. Je me mord la lèvre. Il faut que je tienne, si je flanche c'est foutu.
- Je te jure que c'est vrai, pleurniche-t-elle.
Elle passe une main sur ma nuque et se presse contre moi. Je m'écarte brusquement.
- Arrête, je murmure.
- M-mais...
- Tu profites de moi, tu te sers de mes sentiments...
- Non ! S'écrie-t-elle vexée. Je suis amoureuse de toi !
Je secoue la tête et recule encore, mais elle continue de s'approcher.
- Tu mens.
- C'est la vérité.
Je suis dos au mur, pris au piège.
- Embrasse-moi, David, s'il-te-plais.
Je secoue à nouveau la tête. À présent c'est moi qui ai les larmes aux yeux. Elle prend mes mains et les passe autour de sa taille pour poser les siennes sur ma poitrine. Ses lèvres m'appellent et je ne peux en détacher mon regard. Ma peau me brûle là où je sens la sienne. Elle continue à me supplier et j'entre-aperçois sa langue quand elle parle. Je ne vais pas tenir longtemps comme ça, je le sens bien. Son visage est si près du mien que je sens son souffle sur ma peau. Elle va me rendre dingue...
C'est avec brusquerie que je m'empare de sa bouche et force la barrière de ses lèvres. J'agrippe sa taille et la colle contre moi, sans douceur. Je la sens jubiler alors que je l'embrasse avec colère, désespoir et joie à la fois. Colère parce que je lui ai cédé, désespoir, parce que je suis de nouveau accro, et joie, parce qu'elle m'a douloureusement manqué. Ma main glisse sur ses fesses que je ne peux m'empêcher d'apprécier en frissonnant.
- J'ai envie de toi, susurre-t-elle à mon oreille, en ouvrant la fermeture éclaire de ma veste.
Je frissonne encore et retiens mon souffle quand ses mains passent sous mon pull et mon t-shirt. Un gémissement s'échappe de mes lèvres quand elle les mordille. Alors je la tire vers l'ascenseur, l'entraine à l'intérieur et la plaque contre la paroi en appuyant sur le bouton de mon étage.
Je me retiens à grand peine de la déshabiller maintenant. Je la soulève pour la poser sur la barre d'appui de la cabine et mon visage se perd dans son décolleté, lui arrachant un gémissement de plaisir. Ses doigts agrippent mes cheveux et ses jambes enserrent ma taille. Retiens-toi Dav' on y est presque. Son odeur est partout et m'enivre. Le désir me consume, sa beauté est sulfureuse. Elle est le péché de chair originel. Quand enfin la porte s'ouvre, Élise pose les pieds au sol et je m'écarte brusquement en secouant la tête. Mais qu'est-ce que je fais ? Il faut que j'arrête ça tout de suite ! Voyant que je reprend conscience, elle se jette sur moi et emprisonne mes lèvres, me privant de ma raison.
- Ne résiste pas, me chuchote-t-elle. Tu en as autant envie que moi.
Je gémis. Je suis parfaitement sous contrôle, elle le sais. Sans la lâcher, je l'entraine dans mon appartement. Les affaires de Timo ont disparues. Il est sans doute rentré chez lui, ou alors il est allé parler à Franky. Mais mes pensées ne s'étendent pas là-dessus. Déjà Élise me tire vers ma chambre en me retirant ma veste. Nos gestes trahissent aisément notre précipitation. Nos souffles sont saccadés, nos mains fébriles. Bientôt je me retrouve torse-nu dans mon lit, dégrafant son soutient-gorge pour enfin sucer sa peau avec avidité. Mes doigts et ma langue parcourent son corps, une de ses mains et perd dans mes cheveux et l'autre est laissée sur mon épaule.
- David, soupire-t-elle, tremblante.
Les gémissements d'une femme ont toujours été pour moi l'excitant le plus efficace, ceux d'Élise ne font pas exception. Et puis je me dis que peut-être, si vraiment elle aime ce que je lui fais, elle ne me quittera plus... Qu'elle reste avec moi uniquement pour le sexe ne me dérange pas, tant qu'elle reste avec moi, c'est vrai que le motif m'importe peu, seul compte le résultat. Désespéré . Mais je suis désespérément épris d'elle.
Je remonte lentement le long de son corps, mordillant sa peau par endroits. Je la sens de plus en plus humide sous mes doigts, et je crève d'envie d'être en elle, mais j'attends le bon moment.
Elle attrape la ceinture et tente de me l'enlever. Je souris et bouge légèrement les doigts. La réaction est immédiate, elle se mord le poing en fermant les yeux puis se cambre. Je me détache d'elle et enlève rapidement mon jean, puis mon boxer. J'ai à peine le temps de mettre la capote qu'elle me colle dos au matelas et s'installe à califourchon sur moi en gémissant. Mes mains remontent le long de ses cuisses pour se poser sur sa taille et accompagner le lent mouvement de va-et-viens que son bassin entame. Puis l'une d'elles monte jusqu'à sa poitrine, dont je ne peux m'empêcher de redessiner les contours. D'un coup de bassin je me retrouve au-dessus d'elle et le mouvement s'accélère. Ses mains explorent mon torse puis mon dos, laissant çà et là de fines entailles avec ses ongles. J'aime ça. Savoir qu'elle prend du plaisir avec moi. Je l'embrasse, encore et encore. Ça fait trois semaines que j'en crève d'envie alors je ne me prive pas. Son cou, ses épaules, ses lèvres, son visage, sa poitrine... Je la veux, toute entière, rien que pour moi. Je l'entend, sous moi, qui gémit mon prénom, et ça me donne des ailes. Si on veut. Ses mains sont moites, sa peau est brûlante, son visage reflète un plaisir infini, et comme à chaque fois, j'ai du mal à croire que c'est moi qui le lui procure. Mais je ne suis pas en reste. Mon souffle est court et heurté, et ma voix se mêle à la sienne. Bientôt je sens arriver le plaisir ultime, celui qui indique la fin. Ensuite je devrais me retirer et elle sera à nouveau libre et me quitter. Ses ongles s'enfoncent dans mes épaules et je cesse de réfléchir, mes pulsions l'emportent sur ma volonté de la garder près de moi. Son corps s'accorde remarquablement bien au mien. Et je m'enfouis de plus en plus loin en elle, et elle gémit de plus en plus. Ses cris me vrillent les tympans. Ça y est. Je suis à l'apogée du plaisir, et elle aussi, je le sens. Elle se crispe et m'agrippe plus fort, pour me plaquer contre elle. Épuisé, haletant et en sueur, je me laisse doucement aller sur elle, la tête dans son cou, et j'y dépose des baisers jusqu'à ne plus pouvoir respirer. L'une de ses mains caresse mes cheveux et l'autre est passée derrière ma nuque. Sa poitrine s'abaisse et se soulève au rythme de sa respiration saccadée. Je la caresse doucement, sans pouvoir me retenir, mais sans non plus arrêter mes baisers. Ma désintoxication ne sera pas pour tout de suite. Tant pis. Malgré mon état, une question a quand même subsisté.
- Est-ce que... tu comptes... me quitter encore ?
Elle secoue la tête. Je me retire enfin, la faisant gémir une dernière fois.
- J'ai jamais eu... autant de plaisir... avec un autre que toi, souffle-t-elle.
Traduction: "je reste, parce que tu baises mieux que les autres", sous-entendu: "j'ai aussi pris du plaisir avec les autres, t'es cocu".
Mais je ne dis rien, je ne veux pas qu'elle s'énerve. Je veux qu'elle reste mienne.
Le lemon est à surligner, pour celles que ça intéresse.